Vers une gouvernance foncière plus participative en Afrique

Marie Christelle DJUKO
Vendredi, septembre 15, 2017

2 heures des échanges intenses pour mettre en place un système foncier plus proche des besoins des communautés.

Au total 72 participants venus d’Afrique pour la plupart et des sociétés civiles étrangères, ont pris part du 12 au 15 septembre à l’Assemblée Régionale de l’organisation International Land Coalition (ILC) Afrique. Ajouté à ceux-ci, plus d’une centaine d’enseignants et étudiants de la faculté des droits de l’Université de Yaoundé 2, venus s’enquérir le mardi 12 dans la : salle des actes des défis de la réforme foncière en Afrique. Le colloque organisé en prélude à l’Assemblée proprement dite, a été salué par la présence d’un invité de marque, en la personne du Pr Adolphe MINKOA CHE. Constatant le fait que « la terre est un bien commun essentiel pour les communautés » et que « la gouvernance foncière n’est pas équitable en Afrique », il n’a pas manqué de souligner dans son discours le besoin de l’Université d’aider les décideurs dans leurs initiatives.

C’était l’occasion également de souligner le faible accès de la femme africaine au foncier, à cause des discriminations et du pouvoir des coutumes. Réunies sous l’initiative Kilimandjaro, Kafui Adjamagbo-Johnson, coordonnateur de la Women in Law and Development in Africa (WILDAF) et d’autres femmes dans le continent militent pour une prise de conscience en vue de l’obtention d’une charte globale pour les femmes africaines.

Le programme de l’Assemblée prévoyait dans un premier temps un échange d’expériences sur les réformes foncières vécues sur le terrain, afin de présenter pour sortir les processus continentaux et droits fonciers mis sur pied.

En effet, la question de la gestion des terres affecte plusieurs couches de notre société, s’attaquant parfois aux droits des communautés et des personnes. C’était donc le lieu adéquat pour les étudiants, futurs hommes de loi, de trouver des réponses à leurs diverses préoccupations. Mathilde ETONDE, 22 ans et étudiante en deuxième année de droit social, voulaient comprendre pourquoi la femme est lésée quand il est question de propriété foncière, tandis que Réné NDJOCK, son camarade, « les peuples autochtones sont marginalisés et non compris par les administrateurs, ce qui doit changer. »

 Les droits des peuples autochtones, de la femme, la gestion des ressources naturelles ou encore l’accaparement des terres, tout a été passé aux cribles durant le colloque international pour trouver des solutions justes, équitables et durables pour une gouvernance foncière participative en Afrique.

Au sortir tous reconnaissent les avancées opérées dans le combat pour l’équité foncière, mais aussi que beaucoup reste à faire pour susciter plus d’implications de la part des autorités administratives.

Mais elle n’est en réalité que la partie visible d’une lutte acharnée pour que la terre, bien essentiel aux hommes, « bénéficie d’une gestion rationnelle pour la survie des uns et des autres » comme le précise le Pr KENFACK, chargé des cours à l’Université de Yaoundé 2.

Marie Christelle DJUKO

Marie Christelle est volontaire à l’Assemble Régionale de l’ILC Afrique au Cameroun


Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que l’auteur et ne sauraient refléter la position de L’ILC Afrique.