Les gouvernements travaillent avec divers intervenants publics et privés pour améliorer la gouvernance foncière en Afrique

Jeudi, 23rd novembre 2017

Addis-Abeba, Ethiopie, 13 novembre 2017 - Des plateformes multi-acteurs (PMA) réunissant des organisations de la société civile, le secteur privé, les gouvernements et les agences des Nations Unies sont essentiels pour garantir les droits fonciers et assurer le développement en Afrique. La nature collaborative de ces plates-formes offre un grand potentiel pour la synergie des idées et la recherche d'un terrain d'entente sur les questions foncières. Les PMA semblent être une recommandation des cadres normatifs régionaux, continentaux et international sur le régime foncier, y compris les Cadres et lignes directrices sur les politiques foncières en Afrique (F&G), les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers (VGGTs) et les objectifs de développement durable (ODD).

L'idée sûre comment les institutions, les commissions, le secteur privé, les universités, les ONG / OSC et les gouvernements nationaux peuvent s'engager pour favoriser la gouvernance foncière était au centre des discussions lors du Forum de haut niveau sur les plates-formes multi-acteurs en Afrique. La Coalition internationale pour l'accès à la terre  (ILC) en collaboration avec le Centre Africain des Politiques Foncières (ALPC), le Fonds International pour le Développement agricole (FIDA) et la Plate-Forme de la Société Civile  (CSP) ont organisé l'événement, le 13 novembre 2017, au Centre de conférences de la Commission économique pour l'Afrique (CEA, juste avant la deuxième Conférence sur la politique foncière en Afrique.

Les 80 participants et plus du Forum représentant les ministères et les institutions en charge du foncier, des chefferies, des communautés économiques régionales, des OSC, des médias, des OING et des organisations intergouvernementales de plus de 20 pays - dont 14 pays africains - ont souligné la nécessité d'améliorer la collaboration à travers des plateformes multi-acteurs et de trouver des solutions communes aux nombreux problèmes liés à la terre en Afrique.

L'événement a fourni un espace pour le partage des expériences et de points de vue entre les principaux acteurs en s'inspirant des tendances nationales, des priorités thématiques continentales et des expériences régionales.

Les PMA renforcent les dialogues et les partenariats

«À l'ALPC, nous avons reconnu depuis fort longtemps que les plates-formes multi-acteurs sont vitales pour une gouvernance foncière efficace», explique le Dr Joan Cuka Kagwanja, coordinatrice de l'ALPC dans sa note d'ouverture. La transition de l'Initiative tripartite sur la politique foncière (IPL) au Centre africain des politiques foncières (ALPC) confirme le rôle-clé que cette institution est appelée à jouer pour soutenir la structuration du PMA au niveau continental.

En effet, son mandat autorise la création de plateformes continentales et régionales qui favorisent la coordination dans le secteur foncier, en vue de renforcer le leadership, la coordination, le plaidoyer et les partenariats pour soutenir les efforts des États membres de l'Union africaine sur la gouvernance foncière.

Selon M. Harold Liversage du FIDA, le soutien du FIDA au développement des politiques foncières a été toujours constant, parce que c’est capital pour atteindre les objectifs de son organisation. En effet, la sécurité foncière et la bonne gouvernance foncière sont cruciales pour aider les populations pauvres à se développer et à assurer leur subsistance.
«Un aspect déterminant pour nous est la question des partenariats entre les différentes parties prenantes», déclare M. Liversage. Des partenariats que le FIDA a multiplié les efforts au cours des dernières décennies pour faciliter le dialogue entre acteurs a travers des plates-formes multi-acteurs.

Pour Michael Taylor, directeur du Secrétariat de l'ILC, l'argument selon lequel une bonne gouvernance foncière signifie un processus inclusif coïncide avec la vision de la Coalition ; une gouvernance foncière centrée sur les personnes. « Un processus qui implique d'écouter les voix de toutes les parties prenantes et de trouver des points communs entre elles », a-t-il déclaré.

« Nos membres ont puisé dans les Cadres et lignes directrices sur les politiques foncières en Afrique (approuvée par l'Union africaine, en 2009) et dans les Directives volontaires sur la gouvernance responsable des régimes fonciers (VGGT) et ont développé ce que nos membres appellent les 10 engagements. Dix domaines clés dans ces documents qu'ils aimeraient le plus voir influencer la politique foncière dans leurs pays. »

Connaissances des processus multi-acteurs nationaux

Des processus de réforme du régime foncier sont en cours dans plusieurs pays africains conformément aux normes, règlements, cadres et directives internationales, continentales et régionales, ce qui entraîne l'adoption de nouvelles lois et politiques foncières. Le défi est et a toujours été la mise en œuvre de ces lois et politiques.

Pour mettre en évidence les leçons clés, un panel s'est concentré sur les efforts de mise en œuvre dans les pays ayant un bon historique de collaboration entre les différents acteurs.

Des délégations de la Tanzanie, du Togo, du Malawi et de la Madagascar représentant des OSC et des représentants du gouvernement ont partagé leurs expériences de collaboration pour améliorer la gouvernance foncière dans leurs pays respectifs. Pour enrichir les débats, les onze délégations, notamment le Cameroun, le Niger, la RDC, le Kenya, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Éthiopie, ont fait part des experiences de leur pays . Les délégués ont partagé des idées, exploré les obstacles et les stratégies pour améliorer la gouvernance foncière dans leurs propres pays. Trois éléments clés se dégagent des discussions:

  • Pour que les parties prenantes travaillent ensemble pour assurer la gouvernance foncière, l'exclusivité est essentielle. Les pays veulent donner de la place aux habitants des coins reculés pour participer aux débats et de représenter leurs communautés
  • Les pays reconnaissent qu'ils doivent travailler ensemble pour mettre en œuvre les bonnes politiques et apporter une nouvelle dynamique si possible
  • Engager un dialogue ouvert et continu avec toutes les parties prenantes du processus.

Droits fonciers des femmes

Dans un autre groupe multi-acteur, cinq panélistes ont exploré comment l'approche multi-actrice pourrait prendre de l'ampleur au niveau régional. Les panélistes ont discuté des questions relatives aux droits fonciers dans leurs commissions et ont souligné l'importance des droits fonciers des femmes. M. Marou Assane dit Koubou, député au Niger, représentant le Parlement panafricain (PAP), a déclaré que le Parlement africain veut traiter les questions relatives aux droits fonciers des femmes.

« Ce que je suis heureux de voir, c'est la convergence des opinions sur les droits fonciers des femmes", a souligné M. Marou. «Au niveau du PAP, lorsque nous avons discuté des questions relatives aux droits fonciers des femmes, nous nous sommes convenu que c'était une bonne idée. Les femmes représentent plus de 50% de la population africaine. Quand une femme à quelque chose, c'est pour toute la famille. »

La gouvernance foncière est la clé du développement

Clôturant l'événement au nom des membres du Comité de pilotage de l'ILC Afrique, Mme Kafui Kuwonu a remercié tous les participants, réitérant que la gouvernance foncière devrait être centrée sur les personnes pour représenter la majorité des Africains qui vivent dans les zones rurales. Mme Kafui a conclu en déclarant que : «La sécurité alimentaire, la paix, la stabilité sociale et le développement de l'Afrique dépendent de la terre, sans lesquelles nous ne pourrons atteindre les objectifs de développement durable et l'Agenda 2063 de l'Union africaine.

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  1. Juste quelques minutes pour regarder cette vidéo de l'événement
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