Commémoration de la Journée internationale de la femme rurale : la lutte pour des droits fonciers équitables

Lundi, 16th octobre 2017

Le 15 octobre dernier, le monde célébrait la Journée internationale de la femme rurale. Créée en 2008 par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette Journée reconnaît le rôle essentiel que jouent les femmes et les filles dans la société rurale pour le développement durable.

Pour l’ILC, la lutte en faveur des droits fonciers des femmes demeure une priorité majeure. Ensemble, les membres du réseau se sont engagés à mettre fin à toutes les pratiques qui marginalisent ou dépouillent les personnes – en particulier les femmes – de leurs pouvoirs, en appliquant le principe de justice entre les genres à l’ensemble de leurs interventions.

Malgré quelques progrès, les femmes continuent d’être victimes de discrimination dans leur lutte pour jouir des mêmes droits à la propriété foncière et à l’accès à la terre. Dans trop de cas encore, les femmes sont contraintes de quitter leur domicile après le décès de leur partenaire, ou exclues des processus décisionnels sur les questions foncières.


“« Partout dans le monde, les femmes possèdent moins de terres que les hommes, et leurs droits fonciers sont moins bien protégés. À l’échelle mondiale, seuls 20 % en moyenne des propriétaires fonciers sont des femmes. Ces dernières constituent toutefois près de 43 % de la main-d’œuvre agricole​[1]


Au début de cette année, le Groupe de travail chargé de la question de la discrimination à l’égard des femmes dans la législation et dans la pratique a écrit un rapport sur la fragilité des droits fonciers des femmes et les risques qu’elle représente pour l’égalité entre les genres et le développement. Cet exposé de principe exhorte les États à modifier rapidement les lois et normes sociales qui nuisent au droit d’accès des femmes à la terre et à la propriété foncière. La sécurisation des droits fonciers contribue largement à l’amélioration des conditions de vie des populations pauvres des zones rurales, dont les moyens de subsistance dépendent de la terre. D’après ce rapport des Nations Unies, « l’absence de droits fonciers sécurisés peut limiter l’accès des femmes au crédit et leur capacité d’investir dans le foncier, et restreindre plus généralement leur productivité. » Nier ce droit revient globalement à entraver le développement de la moitié de la population.

En l’honneur des femmes rurales, l’ILC, Landesa et des dizaines d’autres organisations ont adopté ensemble l’exposé de principe du Groupe de travail, en exhortant « les États à se conformer à leur obligation de respecter, protéger et favoriser l’exercice des droits des femmes », afin de garantir la réalisation des indicateurs relatifs aux droits fonciers des femmes du Programme de développement durable à l’horizon 2030.


« Le renforcement du droit d’accès des femmes à la terre et aux ressources productives améliore le statut social, les conditions de vie, la nutrition, la souveraineté alimentaire, la santé et l’éducation, les revenus et l’épargne individuelle, l’accès au crédit et la protection contre la violence sexiste​[2].» 


Collaboration à l’échelle régionale

Pour progresser ensemble vers la réalisation du 4e engagement de l’ILC – droits fonciers équitables entre hommes et femmes –, les membres de l’ILC ont formulé des Initiatives fondées sur les engagements (IFE) dans trois régions. Ils collaborent au sein de groupes de travail qui œuvrent à l’atteinte d’un but commun en définissant des plans de travail pluriannuels et en procédant au suivi des progrès, en se rendant des comptes les uns aux autres et à l’ensemble de la Coalition.
Si les régions ont adopté des méthodes différentes adaptées aux défis socio-économiques et géographiques rencontrés, elles accordent toutes la priorité à la cartographie et au partage de connaissances.

Amérique latine et Caraïbes

Dirigés par le CINEP, les membres de l’ILC Amérique latine se réunissent pour contribuer à l’apprentissage et au partage de connaissances. Ils créent par ailleurs des espaces chargés de régler les problèmes de droits fonciers des femmes spécifiques à la région, p. ex., la menace que représentent les activités extractives et les systèmes de production agrochimique, qui touchent les femmes de façon disproportionnée.
Parmi les principales initiatives du groupe de travail, citons le partage de connaissances sur la cartographie participative et la production de rapports décrivant les principaux problèmes d’accès et de participation des femmes rurales aux initiatives foncières. Récemment, l’initiative a contribué à l’élaboration d’une boîte à outils sur l’influence et la communication sur les droits fonciers des femmes, qui sera diffusée prochainement.

Asie

Dirigés par Swadhina, l’IFE « Garantir la justice entre les genres : étoffer le mouvement Land Rights Now en Asie » se caractérise par la diversité de ses participants. Des organisations de cinq pays d’Asie mènent des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation pour lancer des actions favorables à l’amélioration de la justice entre les genres en matière foncière.

Pour faciliter le partage de connaissances sur le sujet des droits fonciers des femmes, les membres et l’unité de coordination régionale de l’ILC Asie ont créé un portail en ligne intitulé She Land, dont le but est d’éradiquer la discrimination sexospécifique grâce au partage d’informations. Ces efforts communs répondent à un besoin spécifique de documenter et d’assurer la visibilité des actions, projets et bonnes pratiques en faveur des droits fonciers des femmes.

Afrique

Les activités prévues et mises en œuvre par les membres de l’ILC sous la coordination de Wildaf West Africa sont intégrées dans le cadre plus général de l’Initiative du Kilimandjaro. La réussite de cette initiative, en termes de plaidoyer effectif et d’amélioration de la capacité d’action des femmes, a été clairement mise en lumière par la réaction positive de l’Union africaine face à la Charte du Kilimandjaro, présentée par les femmes rurales après l’ascension historique du mont. L’Union africaine a en effet officiellement approuvé la Charte des revendications. Celle-ci contenait 15 revendications spécifiques relatives au droit des femmes d’utiliser, de contrôler, de posséder, d’hériter et de disposer de leurs terres et ressources naturelles[3], dans le but d’autonomiser les femmes de tout le continent. Cette victoire ouvre la voie à des mobilisations futures à l’échelle régionale afin de lutter contre les normes et politiques discriminatoires et sécuriser les droits fonciers des femmes.

Informez-vous et partagez !

La base de données des bonnes pratiques de l’ILC est un espace dédié au partage d’expériences et de connaissances au sein du réseau de l’ILC. Les membres sont à l’origine d’initiatives créatives permettant de réaliser les droits fonciers des femmes par la cartographie participative, la gestion des ressources et l’exercice d’une influence sur les politiques.

En savoir plus et voir toutes les bonnes pratiques sur les droits fonciers des femmes

 

 


 

[1] See UN WOMEN, Facts & Figures, http://www.unwomen.org/en/news/in-focus/commission-on-the-status-of-women-2012/facts-and-figures

[2] See Insecure land rights for women threaten progress on gender equality and sustainable development, http://www.ohchr.org/Documents/Issues/Women/WRGS/Womenslandright.docx

[3] Women to Kilimanjaro. (2016, October). Charter of Demands: Actualizing Women's Land Rights in Africa [Press release]. From http://us-cdn.creamermedia.co.za/assets/articles/attachments/68327_english_charter_to_print_final.pdf