Des organisations féministes lancent une plateforme mondiale sur les droits fonciers des femmes avec l’aide de l’ILC

Jeudi, 4th juillet 2019

La plate-forme est lancée aujourd'hui à l'occasion de la conférence internationale annuelle LANDac 2019.

4 juillet 2019, Utrecht – La Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC) est un réseau de plus de 250 organisations qui donnent la priorité aux personnes et aux communautés dans la lutte pour les droits fonciers. Ensemble, nos membres s’attaquent aux inégalités et créent des opportunités pour sécuriser les droits fonciers dans le cadre de leurs interventions transnationales et transsectorielles.

Ce point est particulièrement important pour garantir aux femmes l’égalité d’accès et de contrôle des terres. Malgré la reconnaissance explicite dans 164 États de leur droit de posséder des terres, de les utiliser et de prendre des décisions à leur égard au même titre que les hommes, seuls 52 pays garantissent ces droits à la fois dans les textes législatifs et dans la pratique, en raison de lois coutumières discriminatoires[1]. Ceci est particulièrement fréquent et pervers pour les femmes vivant en situation de vulnérabilité et de pauvreté.

Dix femmes de pouvoir de la Coalition ont décidé de bousculer cette réalité et de prendre la situation en main, en créant une plateforme mondiale sur les droits fonciers des femmes – la Plateforme foncière féministe – dont le lancement sera annoncé aujourd’hui à la Conférence LANDac à Utrecht, aux Pays-Bas. L’atelier, qui aura lieu dans la salle Dealingroom, de 11 h 30 à 13 h, aura pour thème : les droits fonciers des femmes – du discours à la pratique. Les intervenantes partageront leurs connaissances sur les pratiques des organisations de femmes de différentes régions du monde.

Les femmes concernées ont suivi leur propre chemin de résistance et de lutte pour l’égalité entre les genres au sein de leurs communautés, souvent dans des conditions difficiles. Le travail de la plateforme reflètera les réalités et demandes de leurs expériences collectives, puisque ce seront elles qui en établiront le programme. 

Ce principe s’applique également à la structure de gouvernance interne de l’ILC, qui veille à donner aux femmes la même place qu’aux hommes en matière de prise de décisions. Le réseau s’est beaucoup développé ces dernières années et sa direction actuelle définit une nouvelle voie en collaboration avec les femmes d’influence représentées au Conseil.

« L’ILC a récemment pris de l’ampleur, et la nécessité de donner plus d’espace et de visibilité aux organisations fondées sur des groupes constitutifs s’impose aujourd’hui d’autant plus », confirme Amina Amharech, membre fondatrice de AZUL (Maroc), accompagnée de Patricia Chaves, la dirigeante de Espaço Feminista (Brésil). Toutes deux siègent au Conseil gouvernant l’ILC.

« Nous sommes aujourd’hui dans les bonnes conditions pour utiliser l’ILC comme un espace pour faire avancer les droits fonciers des femmes et la justice entre les genres, à la fois dans le cadre de son travail et en dehors », a réaffirmé Amina.

Quel que soit l’endroit où elles habitent, en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en zone urbaine ou rurale, les femmes sont confrontées aux mêmes problèmes d’inégalité et de violation des droits. Si la multiplication des pressions exercées sur les terres, les territoires et les ressources naturelles produit des effets particulièrement négatifs sur les conditions de vie et les moyens de subsistance des femmes, la Plateforme foncière féministe estime que la recherche de solutions à ces problèmes n’est pas qu’une question de justice, mais aussi de durabilité.

En unissant leurs forces, les membres de la Plateforme foncière féministe renforcent leurs capacités et rassemblent leurs organisations dans la lutte en faveur de ce qui doit être garanti sur les plans de la justice et de l’égalité entre hommes et femmes, quelles que soient leur culture, leur religion, leur orientation sexuelle ou leur origine ethnique.

Lorsque cette nouvelle plateforme aura pris forme, elle aura sans aucun doute une grande incidence sur l’ILC et d’autres espaces de la société civile. 

Organisations participantes :

Plurales, Argentine

Espaço Feminista, Brésil

Luna Creciente, Équateur

GROOTS Kenya, Kenya

Pastoralist Women’s Council, Tanzanie

PWESCR, Inde

AZUL, Maroc

Asociación Trashumancia y Naturaleza, Espagne

Conseillères :

Anne Larson – CIFOR

Kathrin Wessendorf  – IWGIA

 


[1]Rapport ISE 2019 : https://read.oecd-ilibrary.org/development/sigi-2019-global-report_bc56d212-en#page123