Fonds de protection pour les défenseurs des droits fonciers « Défendre la terre »

À travers le monde, de la Colombie à l’Ouganda, et des Philippines au Guatemala, les défenseurs des droits de l’homme qui travaillent sur les questions foncières sont menacés, harcelés, voire assassinés en raison de leurs activités pacifiques en faveur de sociétés plus justes, inclusives et démocratiques.

Dans leurs rapports adressés au Conseil des Nations Unies pour les droits de l’homme, Mme Hina Jilani, ex-Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, et Mme Margaret Sekaggya, qui lui a succédé, ont toutes deux mis en exergue la vulnérabilité particulière des défenseurs des droits de l’homme travaillant sur les droits fonciers et les ressources naturelles, lesquels représentent le deuxième groupe risquant le plus d’être tués en raison de leurs activités dans le domaine des droits de l’homme (Jilani : 2007). De même, dans de nombreux pays, la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique et d’association des organisations de paysans et organisations de la société civile, des groupes autochtones et des mouvements sociaux oeuvrant en faveur des droits fonciers sont sévèrement limitées ou bafouées.

Certaines violations des droits de l’homme ont toujours eu lieu lorsque les populations luttaient pour sécuriser leurs droits fonciers légitimes, pour exiger une distribution plus juste des ressources ou pour plaider en faveur d’une participation plus tangible à la gouvernance des terres, mais la demande croissante de terres aux fins d’activités productives, d’établissements humains et de conservation de l’environnement a aggravé les conflits fonciers dans de nombreux pays et créé un climat de violence à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme oeuvrant en faveur des droits fonciers.

Ces dernières années, plusieurs membres et partenaires de la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC) ont signalé les menaces, mesures d’intimidation, voire assassinats dont ont été victimes certains militants non violents des droits fonciers. L’ILC a publié en juillet 2012 une note d’information sur les mécanismes internationaux de protection des défenseurs des droits de l’homme menacés en raison de leurs activités en faveur des droits fonciers. L’ILC a également lancé un projet pilote de financement d’urgence décentralisé là où c’est le plus nécessaire.