Cet appel à l’action a été élaboré par les participants de l’École interrégionale des jeunes pasteurs 2026, organisée dans le cadre de l’Année internationale des parcours et du pastoralisme 2026 par l’International Land Coalition (ILC), la Coalition nationale foncière du Kirghizistan et la FAO Kirghizistan, en collaboration avec les plateformes pastorales régionales : la Central Asia Pastoralist Alliance (CAPA), la South Asia Pastoralist Alliance (SAPA), l’Africa Rangelands Initiative et la plateforme de restauration des écosystèmes d’Asie de l’ILC. L’événement s’est tenu au Kirghizistan du 12 au 17 juillet 2026.
Appel à l’action des jeunes pasteurs de l’ILC
Au cours des deux dernières années, les jeunes pasteurs se sont réunis au sein de plateformes régionales et mondiales (SAPA, Kobebe, Madrid et le Groupe Jeunesse de l’IYRP) afin d’élaborer des déclarations et des recommandations politiques pour l’avenir du pastoralisme. S’appuyant sur ces efforts collectifs, les participants de l’École interrégionale des jeunes pasteurs 2026, qui a réuni au Kirghizistan plus de 65 jeunes pasteurs d’Afrique, d’Asie et de la région EMENA du 12 au 17 juillet, ont consolidé les expériences et les priorités des communautés pastorales du monde entier afin de présenter un appel à l’action commun, destiné à être reflété dans la Déclaration de la jeunesse du Rassemblement mondial des pasteurs et lors de la COP17 de la CNULCD.
En tant que jeunes pasteurs, nous sommes à l’avant-garde de la gestion durable des parcours et contribuons à la résilience climatique, à la conservation de la biodiversité, aux moyens de subsistance durables et au développement rural. Pourtant, nous continuons à faire face à l’insécurité foncière, à des restrictions de mobilité, à un accès inégal à l’éducation et au financement, à une représentation limitée et à une exclusion des processus décisionnels. Nous appelons les gouvernements, les partenaires du développement et les dirigeants mondiaux à reconnaître et à soutenir les jeunes pasteurs comme des acteurs essentiels de la construction de parcours résilients et de systèmes pastoraux durables.
Reconnaître légalement et protéger les régimes fonciers pastoraux collectifs et coutumiers ainsi que les droits à la mobilité.
Sans reconnaissance juridique, les terres pastorales communautaires deviennent vulnérables à l’accaparement foncier, à la fragmentation et aux usages concurrents des terres, ce qui compromet la mobilité pastorale, la santé des écosystèmes et les moyens de subsistance durables. Nous appelons les Parties à intégrer explicitement les droits fonciers et de mobilité des pasteurs, en particulier des femmes et des jeunes, dans leurs Programmes d’action nationaux et leurs objectifs de Neutralité en matière de dégradation des terres dans le cadre de la CNULCD.
Associer les savoirs traditionnels et autochtones à l’innovation scientifique afin de renforcer la résilience climatique et de répondre aux besoins du pastoralisme.
La synergie entre différents systèmes de connaissances est essentielle pour restaurer les parcours, s’adapter au changement climatique et répondre aux défis actuels et futurs.
Reconnaître les femmes et les jeunes pasteurs comme détenteurs de savoirs, leaders et décideurs à part entière à tous les niveaux.
Les femmes et les jeunes jouent un rôle essentiel dans le pastoralisme mais restent sous-représentés dans les instances de leadership et de gouvernance. Leur participation effective est fondamentale pour bâtir des communautés pastorales résilientes et inclusives.
Garantir une représentation et une participation significatives des communautés pastorales aux processus décisionnels à tous les niveaux.
Les pasteurs doivent pouvoir faire entendre leur voix dans les politiques et les investissements qui affectent directement leurs terres, leurs moyens de subsistance et leur avenir.
Renforcer les réseaux, l’apprentissage et la collaboration entre les jeunes pasteurs du monde entier, tout en garantissant un accès équitable à l’éducation, au financement, au financement climatique, aux paiements pour services écosystémiques et aux autres opportunités de l’économie verte.
Ces investissements renforceront le leadership des jeunes, favoriseront les échanges de connaissances et permettront aux jeunes pasteurs de contribuer à une gestion durable des parcours.
Investir dans les jeunes pasteurs en tant que leaders et partenaires clés pour les moyens de subsistance durables, la résilience climatique et la restauration des terres.
Soutenir la jeunesse pastorale revient à investir dans l’avenir de parcours en bonne santé, de la sécurité alimentaire, de la conservation de la biodiversité et de communautés rurales résilientes. Cela comprend un financement dédié et accessible ainsi que des opportunités techniques pour les jeunes pasteurs au sein des mécanismes de financement climatique tels que le Fonds vert pour le climat.
Appel
Nous exhortons les Parties à la COP17 de la CNULCD, les gouvernements, les partenaires du développement et les autres parties prenantes à promouvoir les droits fonciers, les connaissances, la mobilité et le leadership des jeunes pasteurs en adoptant des mesures ambitieuses, inclusives et responsables. Ces actions doivent protéger les écosystèmes pastoraux, garantir des moyens de subsistance durables, renforcer la résilience climatique et reconnaître pleinement les jeunes pasteurs comme des partenaires indispensables à la réalisation des objectifs de la CNULCD.