issu du Rassemblement mondial des femmes pastoralistes
Nous, les femmes éleveuses réunies à Mera, en Inde, du 21 au 26 novembre 2010, représentant 32 pays, nous sommes rassemblées pour renforcer nos alliances et proposer des solutions concrètes aux problèmes qui nous concernent.
Nous faisons partie d’une communauté mondiale de peuples pastoraux qui compte 300 millions de personnes. Nous nous engageons à continuer de mener un mode de vie respectueux de l’environnement, qui protège la biodiversité et les ressources communes pour les générations futures. Nous continuerons à créer des réseaux et à partager nos meilleures pratiques ainsi que les enseignements tirés de nos expériences afin de renforcer nos capacités et celles de la communauté mondiale.
Nous sommes en première ligne face au changement climatique et aux problèmes qui y sont liés, et nous avons beaucoup à partager avec le monde en matière d’adaptation, d’atténuation et de mode de vie durable sur la planète Terre. Récemment, les éleveurs se sont fait de plus en plus entendre au niveau international, mais, en tant que femmes, nos voix ne sont pas encore pleinement prises en compte. Nous avons des contributions uniques et tout aussi précieuses à apporter à nos propres communautés et à la communauté mondiale.
Nous vivons en première ligne les effets du changement climatique et les problèmes qui y sont liés, et nous avons beaucoup à partager avec le monde en matière d’adaptation, d’atténuation et de mode de vie durable sur la planète Terre. Récemment, les éleveurs se sont fait de plus en plus entendre au niveau international, mais, en tant que femmes, nos voix ne sont pas encore pleinement prises en compte. Nous avons des contributions uniques et tout aussi précieuses à apporter à nos propres communautés et à la communauté mondiale.
Nous travaillerons avec les hommes pour bâtir des sociétés pastorales fortes et équitables, et nous contribuerons à une plus grande égalité sociale au sein de nos familles, de nos communautés, de nos pays et dans le monde entier.
Nous présentons cette déclaration comme un document politique de référence destiné à éclairer et à soutenir l’élaboration de politiques en faveur des populations pastorales.
Nous appelons les gouvernements, les agences des Nations Unies, les autres organisations internationales et régionales concernées, les instituts de recherche et nos propres chefs traditionnels à nous soutenir et à:
- RECONNAÎTRE le rôle essentiel des éleveurs dans la durabilité environnementale mondiale, notamment la conservation de la biodiversité, l’atténuation du changement climatique et la lutte contre la désertification.
- GARANTIR l’égalité des droits des femmes éleveuses et reconnaître leur rôle clé dans la société. Cela inclut la reconnaissance du travail des femmes éleveuses en tant que profession à part entière et composante fondamentale de l’élevage pastoral.
- RECONNAÎTRE la mobilité des éleveurs comme un droit fondamental.
- GARANTIR et défendre l’accès des éleveurs aux ressources, y compris à nos pâturages traditionnels.
- PROTÉGER les droits des éleveurs et assurer la sécurité dans les zones nomades, notamment par l’application des lois garantissant la sécurité des femmes.
- RECONNAÎTRE les éleveurs qui s’identifient comme autochtones et respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
- SUIVRE l’élaboration et la mise en œuvre des politiques qui concernent et protègent les éleveurs.
- SOUTENIR la création d’une organisation internationale chargée d’examiner les plaintes relatives aux violations des droits des éleveurs. Cette organisation doit être en mesure de demander des comptes aux États et devrait compter des éleveuses parmi ses membres.
- ADAPTER la législation existante afin de prendre en compte les spécificités des modes de vie pastoraux et de distinguer le pastoralisme nomade et transhumant de l’élevage intensif.
- PROMOUVOIR des politiques et des traités régionaux qui tiennent compte du pastoralisme transfrontalier et respectent les territoires de pâturage traditionnels ainsi que les schémas migratoires. Ceux-ci doivent être négociés en consultation avec les femmes éleveuses.
- ÉLABORER des politiques spécifiques qui favorisent la durabilité et le bien-être des modes de vie pastoraux ainsi que des écosystèmes dont dépend notre survie. Le processus d’élaboration des politiques doit inclure une participation et une consultation significatives des femmes éleveuses.
- DÉVELOPPER une législation qui limite les projets de développement nuisibles ou menaçant les moyens de subsistance des éleveurs au sein des réserves naturelles et des zones de conservation. Ces espaces de pâturage doivent être définis en concertation avec les femmes éleveuses.
- ÉLABORER une législation limitant les projets de développement qui nuisent ou menacent les moyens de subsistance des éleveurs au sein des réserves naturelles et des zones de conservation. Ces espaces de pâturage doivent être définis en concertation avec les femmes éleveuses.
- PROMOUVOIR et reconnaître les zones de conservation gérées par les communautés autochtones (ICCAs).
- GARANTIR une représentation proportionnelle des femmes éleveuses à tous les niveaux de gouvernance.
- RESPECTER le droit des femmes éleveuses à l’éducation, tant formelle qu’informelle, y compris l’enseignement secondaire. Apporter un soutien visant à faire évoluer les perceptions concernant l’ensemble des besoins éducatifs des filles.
- ÉLABORER des programmes accessibles et adaptés permettant aux enfants des communautés pastorales d’accéder à l’éducation. Une attention particulière doit être accordée aux filles issues de ces communautés. Ces programmes doivent être élaborés en concertation avec les femmes éleveuses.
- DÉVELOPPER des structures mobiles qui tiennent compte des réalités des populations pastorales et répondent aux besoins des femmes éleveuses.
- DÉVELOPPER et mettre en œuvre des programmes qui favorisent la santé des femmes au sein des communautés pastorales. La priorité doit être donnée à l’information et à la formation en matière de santé, en particulier de santé reproductive.
- CRÉER et soutenir des programmes qui favorisent le développement économique et la diversification des opportunités économiques pour les femmes éleveuses, y compris le financement par le microcrédit. Ces programmes doivent être élaborés en consultation avec les femmes éleveuses.
- SOUTENIR les femmes éleveuses par le renforcement de leurs capacités, notamment en leur offrant un accès direct aux marchés et une formation visant à améliorer la qualité et la commercialisation de leur production ainsi que leurs compétences en gestion.
- SOUTENIR des programmes de formation axés sur le leadership et la communication afin de permettre aux femmes éleveuses de participer efficacement aux négociations sur toutes les questions touchant à leurs modes de vie.
- SOUTENIR et financer la recherche sur les nouvelles technologies qui améliorent encore l’efficacité et la durabilité environnementale des modes de vie pastoraux. Ces technologies devraient être adaptées aux besoins et aux réalités du pastoralisme et tirer parti de ressources naturelles renouvelables et facilement accessibles.
Nous, les femmes éleveuses, voulons que nos enfants, et les enfants de nos enfants, disposent des outils et des opportunités dont ils ont besoin pour s’adapter aux réalités et aux conditions changeantes du monde moderne, tout en conservant leur héritage culturel traditionnel et leur mode de vie.
C’est notre droit, et c’est en restant éleveuses que nous pouvons rendre le plus grand service à l’ensemble de la communauté humaine.